Parler pour continuer d’exister
L’association ANVP (Association Nationale des Visiteurs de Personnes sous main de justice) a été créée en 1932 pour améliorer le quotidien des personnes les plus isolées en milieu carcéral. Répartie dans toute la France, l’association compte 1 500 membres dont 1 200 visiteurs. Aujourd’hui, elle permet d’accompagner plus de 9 000 personnes en prison, mais aussi en réinsertion.
Comment ? En permettant à des personnes détenues d’être écoutées par des visiteurs bénévoles. Chaque visiteur suit une formation à l’écoute et aux bonnes pratiques à tenir en milieu pénitentiaire. C’est le cas de Philippe, ancien participant du parcours Alphonse, qui vient de s’engager dans l’association : « Toute ma vie j’ai été commercial et j’avais l’habitude de discuter pour convaincre. Aujourd’hui, j’ai simplement envie d’écouter, sans rien avoir à vendre derrière. »
Mais de quoi parle-t-on avec les détenu(e)s ? L’une des valeurs phare de l’association , c’est l’écoute. Chaque session dure environ une heure pendant laquelle la personne en face de vous peut se libérer par la parole. Il n’y a pas de sujets interdits et tous les entretiens restent confidentiels. « On ne prépare pas nos séances avec les prisonniers. L’intérêt, c’est d’être à l’écoute mais aussi d’être le plus spontané possible. Il faut pouvoir nouer une relation de confiance » précise Philippe.
Et si vous vous posez la question : les bénévoles ne sont pas tenu(e)s au courant des raisons qui ont amené les détenus en prison.
« Le but de cette association n’est pas de juger une seconde fois la personne que vous avez en face de vous. En vous mettant en position d’écoute, vous lui permettez de conserver sa dignité. Et c’est le premier pas vers une reconstruction saine. »
Pour en savoir plus sur le parcours de Philippe au sein de l’association, on vous invite à regarder son témoignage :
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La première condition pour rejoindre l’association est d’avoir entre 18 et 74 ans.
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Ensuite, il faut remplir le formulaire de demande, par ici.
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Une fois votre formulaire rempli, un agrément de la part de l’administration pénitentiaire est nécessaire. L’agrément est attribué pour un établissement et une durée de deux ans renouvelable. Pour obtenir cet agrément, vous allez d’abord rencontrer un représentant de l’association rattaché au centre pénitentiaire choisi. Ensuite, vous rencontrerez un responsable local du SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation) qui validera ou non votre demande. Enfin, une enquête administrative sera menée et les visites pourront commencer.
L’obtention de l’agrément peut paraître longue mais ce temps est nécessaire au bon déroulement des visites et à la sécurité de chacun(e). Philippe nous expliquait qu’il a pu commencer ses premières visites au bout de 3 mois.
NB : L’association permet également d’accompagner des personnes en réinsertion. Des bénévoles les accompagnent dans des démarches administratives afin de trouver un nouveau logement ou de remettre le pied dans la vie active.
Et vous ? Avez-vous envie de rejoindre cette association ? Vous pouvez nous répondre et posez vos questions à l’adresse suivante : [email protected]
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Si vous souhaitez mettre votre écoute bienveillante au profit de femmes et d’enfants victimes de maltraitance, on vous invite à découvrir l’association WomanSafe